Depuis des semaines la  scène électro caennaise semble plongée dans une certaine torpeur qu’on espère cicatrisante ou revitalisante. Pendant ce temps-là, surgissent, ça et là des « affaires » qui secouent, principalement, la scène hard techno ( des noms de djs circulent, disparaissent des line-up, et de « vertueux » programmateurs en profitent pour peaufiner une communication de crise et séparer le bon grain d’une ivraie harceleuse…). Par ailleurs, un post de Dr Macabre, figure respectée de la scène hardcore française, circule de manière virale sur les réseaux. Selon lui, la « scène techno dérive » et, mine de rien, sa parole a du poids. ( https://www.facebook.com/official.drmacabre )

C’est donc dans ce contexte singulier qu’il convient de s’intéresser de très près à Second Wave… Et pour être encore plus précis : Second Wave : no agency.( https://www.facebook.com/Second.Wave.noagency ) Des collectifs electro se forment ou disparaissent chaque jour mais là où Second Wave mérite notre attention c’est dans la publication récente d’un véritable manifeste artistique et …politique. À l’origine, le collectif se forme en pleine crise du Covid pour organiser et diffuser ( Second Wave livestream) des « concerts » numériques et « préserver une âme ». Quelques années plus tard, en 2026, Second Wave radicalise son propos avec cette affirmation qui claque comme un slogan : « Là où l’écran s’allume, la culture s’éteint et l’industrie musicale a substitué aux artistes des figurants. ». Wouah ! C’est aussi radical que provocateur. Face à ce constat, on attend évidemment la réponse et c’est là que le manifeste de Second Wave développe toute sa pertinence : « Nous combattons l’amnésie collective qui efface les pionniers des années 90/00 au profit de l’éphémère. ».

 J’écarte immédiatement l’hypothèse « conservatrice » et la suspicion d’un collectif de vieux grincheux et aigris, reprenant une partie des précautions prises par Dr Macabre pour anticiper les critiques. Réagir face à une dérive ne fait pas de vous nécessairement un « réac » et le poids de l’âge peut aussi ( parfois) apporter une certaine sagesse. 

« Face à cette dérive, Second Wave est un impératif de sauvegarde. Notre mission : redonner à la culture le pouvoir que l’imposture lui a dérobé. Nous ne suivons pas la mode, nous protégeons un héritage.

Forts de trente années d’activisme, nous offrons un réseau capable de répondre à toutes les exigences musicales.,Notre position est sans concession : le talent plutôt que le nombre de followers. Le savoir-faire plutôt que le paraître. » 

Les signataires de ces paroles exigeantes  irriguent la scène Techno et hardcore depuis plus de trente ans, ils se nomment Raphaël (Zorp) et Eric (K21) ou Laurent Ho. À cette énergie des fondateurs vient s’ajouter d’éminentes figures locales : R’1 et Ottobass, très souvent chroniqués ici.  À eux cinq ils n’envisagent rien d’autre que «  Restaurer, protéger, transmettre… ». Mais qu’on ne s’y trompe pas, on est loin de la nostalgie ou du musée sonore, loin d’un ronchonnement de papys désabusés et pour nous le prouver en « live » ils nous proposent une soirée exceptionnelle, Xénomorphe, jeudi 5 mars au Portobello. Le hasard du calendrier fait que le même soir, au théâtre des cordes, les candidats aux prochaines élections municipales présenteront leurs propositions en matière de politique culturelle. Les chances sont faibles, hélas, de les voir finir leur soirée au Portobello mais pour les autres, celles et ceux qui aiment cette musique et lisent mes billets, vous savez quoi faire ! 

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