De retour à Caen, ma soirée débute par un passage amical au Hop café, histoire de suivre l’actualité de No One Like Us dans un format plus minimaliste après leur énergique anniversaire au BBC. Pourtant bien situé à l’entrée du port de plaisance, je dois bien avouer que ce n’est vraiment pas l’endroit idéal pour mettre en valeur des djs, même dans une proposition de pure animation …sonore. Coincés entre le passe-plat de la cuisine et l’entrée, les djs “ambiancent” un espace peu propice à la danse alors même que le fond de la salle, avec son mur hippie à souhait ( flower power efficace) offrirait un espace parfait pour ce genre de prestation, il y a décidément des logiques qui m’échappent. Baya, Peck et Razzia assurent pourtant avec une tech house aussi enjouée que printanière. Ça entre, ça sort mais la musique se perd et se fond dans une logique de pure consommation de décibels. J’avais déjà eu cette même impression lors d’un set entre Vince Vega et Nico B et même si faute de grives on mange parfois des merles je suis toujours un peu triste quand des artistes s’expriment dans le vide ou l’indifférence. Des pépites musicales sortent des mains expertes des trois musiciens, confirmant, s’il le fallait, la validité artistique du collectif.

Une amie, grande amatrice du genre, me propose alors de me rendre au Camino pour une soirée Dub !!!  Dans ma tête, les pires clichés défilent à toute vitesse et je m’en veux déjà. Heureusement que ma raison me dicte que les mêmes clichés circulent chez certains à la simple évocation d’une soirée techno.

Sur place, on me rappelle à juste titre la récurrence de ces soirées Dub et avec mon gobelet en plastique ( la précaution d’usage pour descendre les marches qui mènent à la cave) je me retrouve dans une …délicieuse ambiance exotique. La salle, bien remplie, est là à l’invitation d’Uptone rockers, un sound system visiblement bien implanté sur la place caennaise. Il est écrit ce soir que je vais mourir moins bête ! Les danseurs se prosternent de bonheur devant … une grosse enceinte, alors que les djs, mc  ( je n’ai pas les codes, c’est certain) sont derrière nous ! Petit à petit je me laisse embarquer par cette rythmique si caractéristique du genre, mais, intérieurement, je ne cesse de fulminer contre ces étranges coupures entre chaque piste, des coupures qui viennent briser mon élan. Je dois apprendre à me débarrasser de mes habitudes de clubber qui scrute et analyse la qualité des transitions. Et puis que dire de ces interventions au micro ? c’est un peu comme un étrange voyage nostalgique dans une discothèque des années 80, mais avec une rage et une énergie différente. Nouvelle surprise, je “voyage” entre évocation “rasta” et spiritualité indienne et ça passe crème parce que derrière l’apparente uniformité stylistique je parviens à débusquer de subtiles variations qui me laissent à penser que derrière Uptone Rockers se cachent de redoutables experts du genre. Mes ridicules appréhensions fondent comme neige au soleil dans une salle surchauffée où règne réellement un amour partagé de la musique. Les coupures de pistes sont brutales, radicales  mais c’est un peu comme à la foire, on reprend son ticket et c’est reparti pour un tour. Comble du plaisir ( coupable ?), je me surprends à sortir mon téléphone pour shazamer une piste et là je tombe sur un morceau intitulé : Akouphene de O.B.F que je glisse direct dans ma liste de favoris ! Elle est pas belle la vie ! Sur certaines pistes, un membre du collectif pose des paroles, des “mantras ?” que je peine à comprendre mais qui apportent ce “je ne sais quoi” festif propre à ambiancer. Pour les vingt dernières minutes, le dj scande, régulièrement, le temps restant ( il s’agit de respecter minuit, comme Cendrillon) et soudain résonne One step beyond et j’ai toutes mes années 80 qui me montent à la tête et cette boucle temporelle finit par m’emporter définitivement tandis que tombe le coup de grâce final avec Jamming ! Comment avais-je pu imaginer un monde sans Bob Marley ? Je ressors enthousiaste comme jamais de ma “descente” dub et je me dis qu’il y a encore bien des îlots de passionnés du bon son à découvrir dans ma bonne ville. En tout cas je surveillerai de très très près les prochaines soirées Dub du Camino, rien que pour me rafraîchir les oreilles et si le coeur vous en dit, il y a une bonne soirée dub ce soir au Portobello, fortement recommandée par Uptone rockers !

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