Ça et là, quelques petits rayons de soleil printaniers nous permettent d’envisager avec espoir nos furtifs et futurs lieux festifs ( cette allitération en « f » est totalement ridicule !).

L’espoir ne vient pas, on s’en doute un peu, de ce premier tour des élections municipales, avec son lot de « crash » prévisible et le confort « pépère » d’une victoire annoncée. Dans un registre plus futile, je teste depuis quelques temps les nouvelles offres « dance floor friendly » de la belle ville endormie et samedi dernier ( le 7 mars), dans un moment d’égarement ( sans alcool en plus), l’idée saugrenue m’est venue de découvrir le nouvel Orient, ex Express qu’il faut désormais appeler plus sobrement l’Orient Club. J’attends sagement dans la file pour entrer et pour faire comme les autres, je sors ma carte d’identité, histoire de prouver ma majorité, il est vrai qu’avec mes 62 ans je fais encore très jeune…L’Orient s’est offert un lifting bienvenu après une saison dernière où lors d’une soirée Mad Brains j’avais tout simplement décidé de ne rien écrire tant le lieu était en total déclin. Dans le superbe couloir qui sert de sas entre la rue et la nouvelle salle, on se dit qu’on change enfin de standing, impression confirmée en découvrant la grande piste de danse qui remplace les billards, désormais relégués dans l’arrière salle. Visiblement la direction a beaucoup investi dans les jeux de lumière et cela vous donne un petit effet Wouah hélas très vite refoulé par le système-son, pour l’instant assez médiocre ( pas d’aigus et des graves qui ne vont certainement pas gêner le voisinage). Mais pourquoi un tel investissement ( à saluer) si c’est pour offrir les platines à un dj aussi médiocre ? Par charité je n’ai même pas demandé son nom mais je ne suis pas prêt d’oublier sa voix qui retentissait toutes les deux minutes, genre « vous en voulez encore ? » et autres «  c’est la folie ce soir ». Même au camping municipal de Sardine-sur-Plage on en rougirait ! La playlist, poussive et bêtement putassière, sert de la vinasse tout juste bonne à maintenir une vague mise en mouvement d’un public pourtant nombreux mais qui semble s’ennuyer avec politesse. Je suis très favorablement étonné par la diversité du public, des jeunes, nécessairement, de la cougar et du mâle alpha, comme dans toutes les boîtes de province qui parviennent à maintenir le folklore mais d’abord et avant tout une diversité sociale qui fait plaisir à voir et qui laisse à penser que cet Orient peut ( s’il parvient à redresser au plus vite la barre artistique) devenir un lieu de convivialité inédit. Dans une ghettoïsation de plus en plus redoutable de nos lieux festifs, c’est très agréable de constater qu’il est encore possible de danser avec des « bourges », des pecnos ou des bledards, des citadins et des villageois, bref de voir que la fête peut encore nous réunir…

Les Écuries, on y court !

Hier, en plein premier tour des élections, j’ai pu enfin tester le rêve fou que je caresse depuis ma découverte des Écuries, cet espace culturel qui, mine de rien, est à créditer au mandat Bruneau et surtout à son ancienne adjointe Emmanuelle Dormoy. Pour en revenir à mon rêve, c’était de voir ce lieu devenir un espace incontournable pour la fête, pour toutes les fêtes : la fête du corps, la fête de l’esprit, de la tête et des jambes comme aurait dit Léon Zitrone ( une référence qui trahit mon âge). 

Pour les plaisirs « savants » et théâtraux, on peut faire confiance à la compagnie Amavada qui gère ( et anime) une grosse partie de ces écuries. C’est donc avec mon bâton de missionnaire de la cause Electro que j’ai toqué à la porte de la compagnie Amavada, genre : « quel lieu idéal pour imaginer une nouvelle scène electro dominicale… ! ». Et quelques mois plus tard, ce dimanche donc, ça donne ce Tea Break, une proposition inédite du collectif Mad Brains.

Le créneau du dimanche « electro » n’est pas neuf à Caen, et on se souvient des belles propositions du Café Sauvage dans son fief historique de la rue Saint Manvieu, il y a près de dix ans. C’était …sauvage, associatif et généreux. On se souvient aussi des Dimanches électroniques qui, du Dôme au Wip, ont tenté de bousculer un peu la torpeur des repas dominicaux.

Avec Tea Break, Mad Brains investit, défriche un nouvel espace. Un espace plus bourgeois avec cette belle salle pouvant accueillir une grosse centaine de personnes et, soleil oblige, cette généreuse ouverture sur une esplanade de verdure. À Berlin ou Paris, un tel espace serait devenu en deux minutes le nec plus ultra de la branchitude ( encore une expression de vieux) mais à Caen, il faut de l’énergie, de la patience et qui sait, du courage, pour mettre en place une telle dynamique. Avec constance et opiniâtreté, Amavada anime ce lieu et s’ouvre, avec Tea Break, à une nouvelle proposition qui ne manquera pas de faire un carton si elle se pérennise.

Comme j’avais raison de croire que ce lieu était idéal pour ce genre de thé dansant 2.0, un « club » spontané, ouvert sur la ville et pourtant soigneusement caché.

Pour ce galop d’essai, Vince Vega ouvre, au sens littéral, le bal et installe avec aisance un climat Chill et coquin à la fois, histoire d’inviter un public à un laisser-aller safe et jouissif ( musicalement ). Comme on pouvait s’y attendre le public, à 15h, est encore modeste mais ça danse, ça rit, enthousiasmés que nous sommes tous  par l’accueil chaleureux des bénévoles d’Amavada. 

Dans la salle-bibliothèque, juste à côté, Yann Snuss ( Juste Oreilles ) s’éclate avec la ferveur austère d’un moine en pleine prière. Entre bruits, sons, textures sonores en pleine mutation, il se délecte à plonger les auditeurs dans une sorte de rêverie sonore, spatiale et qui sait, spirituelle ?

3 DJs, une heure quarante pour chacun, et après Vince Vega vient le tour de Nico B qui hérite d’une salle un peu moins obscure ( on avance en marchant et les soucis techniques se règlent comme par enchantement). S’il semble hésiter parfois entre audaces et efficacité, il maintient avec conviction une flamme « dansante » en évitant les pièges de la nostalgie disco tout en semant quelques graines musicales dotées d’une redoutable cavalerie rythmique. 

Fred H, le désormais président de Mad Brains, vient le remplacer et avec lui on plonge ( un peu à mon regret) dans une proposition idéale pour un défilé Chanel mais avare en explosion festive ou jubilatoire. C’est, comme toujours, très élégant mais j’avoue que j’attendais peut-être quelque chose d’un peu plus canaille, plus populaire aussi, histoire de relire aujourd’hui l’esprit Front Populaire des bals populaires  ou celui, plus convivial, des guinguettes. Peut-être qu’une simple inversion des ordres de passage aurait été plus pertinente.

Un peu comme avec notre actualité politique, j’attends avec impatience le « second tour » de ce premier Tea Break mais, sans aucun doute, il se passe quelque chose du côté des Écuries ….

One Reply to “L’Orient ( club) : faut voir,  Les Écuries : un nouveau « spot » incontournable…”

  1. Oui, on espère qu’une proposition dominicale régulière va s’affirmer pour des vieilles et jeunes générations qui aspire à autre chose que le traditionnel bal du dimanche avec ses danses de salon.

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